Lettre d'info

Sorties en mer

Echouages fin 2016

Intervention d'Itsas Arima sur un grand dauphin échoué.
Grand dauphin

Ces deux derniers mois, nous sommes intervenus sur très peu de cétacés échoués : un grand dauphin à Labenne, un dauphin bleu et blanc à Ondres et un marsouin commun à Ondres. Ces chiffres sont cohérents avec la distribution annuelle des échouages sur la façade atlantique où le pic d’échouage a lieu en février/mars (Rapport annuel RNE des échouages en 2015). Nous nous attendons donc à un fort accroissement de nos interventions dans les semaines à venir.

Le week-end du 10 décembre, 5 delphinidés (4 dauphins communs et 1 dauphin bleu et blanc) se sont échoués vivants en 2 jours sur la façade atlantique : 1 au Conquet, 3 en rade de Brest et 1 à Hendaye. Les échouages de cétacés vivants sont rares (6% des échouages en 2015, Rapport annuel RNE). Ces échouages successifs sur un weekend nous ont interpellés et sont certainement la conséquence d’un stress intense ayant poussé les animaux à s’échouer sur les plages.

Un séisme, survenu au large de la Rochelle, est évoqué pour expliquer ces échouages (Christine Dumas, Océanopolis). D’autres phénomènes exceptionnels d’échouages pouvant être corrélés à un séisme se sont déjà produits dans le passé. Ce fut le cas notamment en 2011 au Japon, où 50 dauphins d’Electre se sont échoués 6 jours avant un tremblement de terre. En 2015, 10 jours avant le séisme de Taiwan, 156 dauphins d’Electre se sont aussi échoués. Il n’existe aujourd’hui aucune preuve de corrélation entre ces évènements mais il est tout à fait possible que les cétacés soient effrayés par le bruit engendré par un séisme. En effet, sous l'eau, l'onde de bruit se propage sur une longue distance et à très grande vitesse.

Rorqual dans le port de Getaria (photo : AMBAR).
Rorqual dans le port de Getaria (photo : AMBAR)

Un autre cas intriguant est survenu au début du mois de janvier à Getaria, où un Rorqual commun est venu s’établir 3 jours dans le petit port. L’animal était très amaigri et il est tout à fait possible que ce rorqual soit venu mourir près de la côte. Néanmoins, aucune blessure n’a été constatée sur l’animal et l’association AMBAR est intervenue afin de lui offrir une nouvelle chance. Ils ont réussi, à l’aide de zodiacs, à l’attirer vers le large. Nous n’avons aucune information sur l’animal depuis le renflouage mais ses chances de survie sont bien sûr plus importantes au large que dans le port.

En 2012, un rorqual commun a également été observé plusieurs jours dans la baie de Saint Sébastien avant de s’échouer sur la plage de la Concha. Les échouages de rorquals communs représentent 0.5% des échouages en Espagne (A.Lopez et al., 2002) à raison de 1 à 2 individus par an, ce qui est comparable aux données françaises. Sur les côtes françaises, les échouages de rorquals communs sont réguliers et stables. Aucune tendance mensuelle ne se dégage, hormis une légère augmentation en automne coïncidant avec la période de migration de cette espèce (Rapport annuel RNE).

Rorqual sur la plage (photo : RNE).
Rorqual sur la plage (photo : RNE)

Il est intéressant de comparer les données d’échouages des côtes françaises et espagnoles. Tout comme sur la façade atlantique française, le dauphin commun est le plus représenté sur les côtes espagnoles : 47% en Espagne (A.Lopez et al., 2002) et 62% en France. Les données sont également comparables pour le dauphin bleu et blanc représentant respectivement 7.3% des échouages en Espagne et 8.2% en France. En revanche les grands dauphins représentent 10.7% des échouages espagnols contre seulement 4.2% sur les côtes atlantiques françaises. Il est probable que les captures accidentelles par les pêcheries impactent les même espèces dans les 2 pays.

Il est néanmoins important de préciser que la côte cantabrique ne recense que 11 % des échouages nationaux contrairement au littoral atlantique qui concentre le plus d’échouages.

En France, l’année 2015 est également marquée par une nette diminution des échouages de dauphins communs et bleus et blancs pour lesquels le nombre d’individus échoués a été divisé par 2. Sur l’ensemble de la série de données (depuis 1990), les variations annuelles sont importantes pour ces espèces et l’année 2015 ne permet pas de prédire une tendance à la baisse pour les années futures.

Bilan des échouages 2016.