Lettre d'info

Sorties en mer

Comportement et répertoire vocal des Globicéphales sur la côte basque

Globicéphales observés lors d'une sortie en mer d'Itsas Arima.
Globicéphales

D’après nos observations de ce mois-ci, nous pensons que les globicéphales qui fréquentent nos côtes appartiennent à un seul groupe d’au moins deux cents individus tout simplement car c’est le nombre maximal d’individus que nous ayons observés ensemble. A l’inverse, sur certaines sorties, nous avons observé plusieurs sous-pods d’une vingtaine d’individus dispersés sur tout le Gouf, le groupe s’étant probablement séparé pour chasser. Pour le moment, à l’inverse de certaines études (Weilgart et al., 1989), nous n’avons pas constaté de corrélation entre la profondeur et la taille du groupe.

Participation d'Itsas Arima à l'atlas des mammifères marins de l’INPN

Mésoplodons de bidens observés lors d'une sortie en mer d'Itsas Arima.
Mésoplodons de bidens
(merci à Mathieu Perez de nous avoir donné sa photo)

Cet été, nous avons eu la chance de croiser 5 Mésoplodons de bidens (baleines à bec de Sowerby). Plus que de les apercevoir, les « baleines » sont venues à notre rencontre pour nager quelques minutes à côté du bateau. Nous avons été les premiers stupéfaits par cette observation et par le comportement des cétacés (lire l'article de cette rencontre).

Habituellement farouche, cette espèce reste à l’écart des bateaux ; cette fois ci, elles ont à priori apprécié notre compagnie.

Les observations de Mesoplodons dans le Golfe de Gascogne sont rares (cf. notre artcile Les mésoplodons dans le Golfe de Gascogne) ; c’est pourquoi nous avons été contactés par le Muséum d’Histoire Naturelle de Paris pour participer à l’Atlas des Mammifères Marins qui vient de paraître. La fiche espèce des Mésoplodons de Sowerby est maintenant complétée par notre cliché (photo ci-contre) et nous en sommes bien sûr ravis.

Vous pouvez consulter la fiche espèce sur le site de l’INPN.

Les cétacés et la musique

Test acoustique avec hydrophone.
Test acoustique avec hydrophone

Plusieurs récits tendent à mettre en évidence une communication entre les hommes et les cétacés via la musique et ce depuis plusieurs décennies. C’est notamment le cas du célèbre Wade Doak et de ses interactions avec le dauphin Rampal en Nouvelle Zélande. Ce dauphin était très sensible à la musique de Bach et à la flûte traversière. Il restait également des heures à écouter la femme de Wade Doak parler sous l’eau via un tuyau de plongée. L’exemple de Jim Nollmann, qui jouait de la guitare et composait avec les orques de 1978 à 1988, est également intéressant.

Collisions entre les navires et les cétacés

collisions entre les navires et les cétacés.

Les collisions entre les navires et les cétacés évoquent aux yeux de tous les accidents entre les grands navires et les baleines. Ce qui est justifié car 70 % des collisions impactent les grands cétacés (Martinez et al.2006). Les impacts entre les grands cétacés et les navires sont la résultante de plusieurs facteurs. D’une part la vitesse et la taille des navires. En méditerranée, 62% des collisions concernent des ferries transporteurs de voitures ou de passagers et 17 % des cargos transportant des marchandises (Panigada et al., 2006). La gravité de l’impact dépend de la vitesse du navire. Celui-ci est fatal lorsque la vitesse dépasse 13 nœuds (Dolman et al.,2006). Ainsi, plus le navire se déplace vite, plus il repère tardivement les grands cétacés et plus l’impact est fort. Néanmoins les baleines sont censées repérer les changements de directions des navires sur de longues distances.

Interactions entre dauphins et thons

De nombreuses interactions entre les dauphins et les thons ont été recensées, notamment dans l’Océan Pacifique où les dauphins tachetés s’associent avec le thon jaune pour former des groupes de plusieurs centaines d’individus (Scott M.D, Chivers et al.,2012).

Dans le Golfe de Gascogne, des associations entre les dauphins communs, les dauphins bleus et blancs et les thons blancs sont également décrites, ce qui conduit malheureusement à des captures accidentelles par les thoniers, lesquelles peuvent atteindre des taux non soutenables pour les populations (Lassalle G., Gaswet et al., 2012). Ces associations d’espèces soulèvent de nombreuses questions : les dauphins et les thons s’associent ils pour chasser ou pour diminuer l’impact de leurs prédateurs ? Existe-t-il une compétition entre ces espèces ?

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